MUSEE TRANSITOIRE

MINISTÈRE TRANSITOIRE

Quand tout le monde vous ment en permanence, le résultat n’est pas que vous croyez ces mensonges mais que plus personne ne croit plus rien. Un peuple qui ne peut plus rien croire ne peut se faire une opinion. Il est privé non seulement de sa capacité d’agir mais aussi de sa capacité de penser et de juger.

— Hannah Arendt

Dans La condition de l’homme moderne (1958), Hannah Arendt distingue trois formes d’activité humaine :

Le travail, qui répond aux besoins biologiques et assure la survie matérielle.

L’œuvre, qui produit des objets durables et façonne le monde que nous habitons.

L’action, qui relève de la parole collective, fondement du politique et de la liberté.

Le Musée Transitoire active ces trois dimensions à travers la création d’un Ministère, interrogeant la notion de valeur, non seulement économique, mais aussi éthique et politique. L’action devient alors espace de résistance face aux formes insidieuses de totalitarisme contemporain.

La quatrième édition du Musée Transitoire se structure comme une collection de faits divers qui témoignent des tensions actuelles : multiplication des crises politiques et sociales, désinformation et banalisation des discours autoritaires.

À travers ces événements, souvent perçus comme anecdotiques, se dessine un paysage qui accélère une montée progressive des systèmes totalitaires. L’exposition invite à explorer ces tensions et contradictions. Elle pose la question d’un possible épuisement des systèmes en place et d’une reconstruction sur des bases nouvelles, pour redéfinir les relations entre individu•e, collectif et structure.

Format de l'exposition

Pour sa quatrième édition, le Musée Transitoire s’installe dans le beffroi de la place du Louvre, entre l’église Saint-­Germain-l’Auxerrois et l’ancienne mairie. Construite en 1858 par Jean-Jacques Hittorff, la tour instaure une symétrie architecturale entre les deux institutions et met en scène la concurrence entre pouvoirs civique et religieux.

En accueillant Ministère Transitoire, le lieu devient le théâtre d’un autre rapprochement : celui de l’art et de l’institution, de la fiction et du pouvoir, inscrivant dans l’architecture même une continuité historique entre formes symboliques et dispositifs de domination.

La taille du beffroi a mené à penser l’exposition collective autrement : plutôt que la présence simultanée des œuvres, c’est la temporalité qui devient l’espace partagé. Chaque artiste apparaît seul∙e, dans une configuration qui serait à première vue celle d’un solo. C’est la succession de ces présences singulières qui constitue la forme collective : ­ l’­exposition devient un récit partagé, non pas simultané mais séquentiel.

Ministère Transitoire est composé d’Actes de sept semaines, durant lesquels le beffroi est occupé par un·e artiste à la fois, et d’Entre-actes d’un week-end, consacrés à des performances, débats et lectures.

Chaque Entre-acte correspond à une étape administrative fondatrice : Constitution, Institution, Capitalisation, Activation, Dissolution ; et prend la forme d’une campagne de propagande :

- Ministère TV

- Journal Officiel

– Assemblée Générale.

La fiction ministérielle s’écrit en temps réel, dans l’espace du beffroi.

Les Entre-actes opèrent comme une dramaturgie structurelle. Ils rendent visible ce qui habituellement demeure invisible : la logistique, la gouvernance, la fabrication d’un cadre. Plus qu’une transition, l’Entre-acte est l’acte même d’instituer.

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